A(i)mer – Odehia Nadaco

A(i)mer Odehia Nadaco 2018

Pourquoi ? Parce que j’avais goûté à  Knysna et dans mon retour, je regrettais de rester sur ma faim. Selon moi, le personnage principal Hilton méritait un passé plus étoffé. Il y a quelques semaines sortait A(i)mer préquel de Knysna…. Je me devais donc de connaitre comment l’auteure avait continué d’enrober son personnage…

L’histoire : Un matin, Hilton est réveillé par les fantômes du passé, bien trop menaçants et musclés pour passer au travers. Son meilleur ami se retrouve alors en danger de mort, les souvenirs en profitent pour refaire surface avec violence. Avec ce sacré lot d’emmerdes se profile l’inévitable confrontation avec la famille d’Hilton, qui vous le comprenez, n’est pas forcément la meilleure alliée pour une vie sereine.

Et alors ? C’est un roman troublant. Une histoire qui ne délivre pas tout, à la différence de quelques scènes brutales qui ne vous épargne aucun détail.

A(i)mer, c’est la vie d’un marginal dans l’âme  qui paie au prix fort son indépendance ; il avait tout pour se dorer la pilule au soleil, mais Hilton préfère rester à l’ombre de la fortune familiale… Hilton, justement, à l’image du roman, il n’est pas formaté pour plaire au plus grand nombre. A(i)mer n’amène pas le lecteur là où il pense aller. On croit dans les premières pages se retrouver plongé dans un thriller, avec ce sévère coup de poing dans le premier tiers. Je m’attendais à une suite déchainée … Non. Même si le reste du roman donne la part belle à quelques scènes d’actions nerveuses, sont largement décrits ces souvenirs toxiques, drapés d’une ambiance parfois comateuse quand il s’agit de traiter de la dépendance d’Hilton aux médocs et aux drogues. Et cette histoire d’amour qui s’entremêle…

Odehia Nadaco a ce talent de balayer des genres différents tout en évitant les clichés, les phrases toutes faites.

Le passage qui m’a le plus touchée est celui qui amène la violente finalité du roman. Il s’agit du regard jeté par un ancien camarade de classe à Hilton. Comprendront ceux qui l’ont lu.

Le petit défaut pour moi, c’est ce passé, présent entrecroisés auxquels il faut parfois un léger effort pour se raccrocher. En même temps, je pense pas que l’intention de l’auteure soit de délivrer du tout cuit. J’aurais aussi aimé passer un peu plus de temps au Château, que cet endroit prenne encore davantage de place encore dans l’histoire …

En bref : Noir et brutal, un roman qui ne répond pas aux codes, tout en les respectant.

Extraits :

La nuit arriva vite et le froid l’avait rapidement gagné. Quelques frissons d’abord, de ceux qui accompagnent un changement brusque de température, puis le froid pénétrant, celui qui glace jusqu’aux os. Des chaussettes. Si on lui avait demandé ce qu’il voulait à ce moment précis, seule sa paire de chaussettes lui serait venue à l’esprit.

Ce soir, les filles nous proposent de nous emmener au Château. Nous voilà ainsi partis pour passer à l’abri des regards, dans cette maison bourgeoise qui a bien l’aspect d’un château, avec ses espèces de tourelles, son parc arboré, derrière lequel elle se cache aux yeux de tous.

Il explosa intérieurement, retint gonds, serrures et portes complètes.

 

 

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