Harper – Matthieu Biasotto

Harper – Matthieu Biasotto

Pourquoi ? Un petit bout de temps que je me disais qu’il fallait que je découvre un roman de Matthieu Biasotto. Je me tâtai pour 11 juin jusqu’à ce qu’un auteur qui se reconnaitra, me détourne de mon choix initial pour découvrir Harper.

L’histoire : Harper vit dans un futur proche, mais surtout un futur moche, dans lequel Détroit n’est plus que l’ombre d’elle même. Il est SDF volontaire, animé par une mission essentielle que l’on découvrira par bribes au fur à mesure de l’histoire.

Et alors ? Plutôt conquise, même si je ne suis plus habituée au thriller. Je leur reproche parfois leur côté millimétré et calibré.  Dans Harper, on retrouve évidemment  une intrigue orchestrée à grande vitesse, mais qui nous est servie avec une écriture forte et visuelle. Nous entrons dans un roman dont les chapitres sont courts, avec des allers-retours passé présent qui  lui donne un rythme très soutenu. Un épais brouillard enveloppera votre lecture, l’auteur distribue ses informations avec parcimonie, et les multiples sauts dans le temps nécessitera votre attention.

Alors oui ça envoie du lourd, il y a des courses poursuite, des amitié fortes, des gros méchants, mais j’y ai pris du plaisir, parce que c’est tout simplement bien écrit. L’auteur n’a pas recours à des formules déjà prémâchées.

Et bien sûr l’autre point fort du roman, c’est la résonance actuelle que renvoie la vengeance poursuivie par le héros.

Quant au final, il procure son petit effet…

En bref : Un auteur talentueux qui vous fera vivre une histoire à grande vitesse.

Extraits :

Une vision, un déclencheur, une action. Il est là, à se pavaner au milieu de sa cour. Il fait le beau, alors que je traîne mes grosses fesse flasques en flirtant avec mon découvert.

Dans ma vie d’avant, j’ai toujours été un type moyen, un mec en retrait. […] Capable de rien et généralement invisible, je n’ai jamais vraiment brillé, essentiellement par flemme.

Il reste là, les bras ballants, l’élan coupé par ce que je suis. Il me dévisage, interdit. Je le dévisage, démuni. Et je rejoins l’ombre d’une ruelle sale pour disparaitre entre deux bâtiments.

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