Les chutes – Joyce Carol Oates

Les Chutes, Joyce Carol oates
Les chutes – Joyce Carol Oates – 2004
(4 / 5)

Pourquoi ? Parce que Joyce Carol Oates, parce que prix Fémina étranger, et qu’on me promet que c’est un bon cru, alors on y va !

L’histoire : Le mari d’Ariah décide judicieusement de se laisser engloutir par la fureur des chutes du Niagara le lendemain de leur nuit de noces. Cette tragédie apporte à notre jeune veuve une étrange popularité. Elle devient la veuve blanche qui retrouvera un peu trop joyeusement l’amour dans les bras d’un brillant et séduisant avocat. Je n’en dis pas plus…

Et alors  ? Amateur de madame Oates, vous pouvez absolument vous jeter dedans. Il faut aimer le rythme de l’écrivain, lent, un tourbillon de détails, des personnages, même secondaires décortiqués de façon quasi chirurgicale. Il faut aussi accepter d’opérer quelques virages dans la lecture ; quitter un personnage pour s’attarder sur un autre, rester dans la même cellule familiale, mais en ayant accès à une nouvelle version. C’est l’histoire d’une vie, c’est linéaire, et le scénario prend des détours que nous lecteurs nous n’avions pas prévu.

En bref : Si vous aimez prendre votre temps, rentrer entièrement dans une ambiance, un décor, et se laisser en quelque sorte dérouté, allez y.

Extrait : 

Ils se marièrent et habitèrent le 7, Luna Park, la maison de Dirk Burnaby, où il apparut peu à peu à Ariah que d’autres femmes lui avaient rendu visite de temps à autres, sans toutefois y demeurer. Elle le sut parce que des voisines s’en chargèrent de le lui apprendre.

 

 

La fille du train – Paula Hawkins

La fille du train, Paula Hawkins
La fille du train – Paula Hawkins – 2015

(3 / 5)

Mais pourquoi ? Parce qu’il y a des têtes de gondoles, un  film qui sort, et qu’il parait que ça se lit vite et bien, alors pourquoi pas !

L’histoire : Un trajet répétitif en train permet à l’imagination gangrenée de Rachel de se projeter dans la vie d’une couple d’inconnus. Jusqu’au jour où une mystérieuse disparition donne l’envie au voyeur de devenir acteur…

Et alors ? Difficile de ne pas se laisser embarquer. Je partage avec Rachel, cette tendance à vouloir subtiliser quelques instants de vie d’inconnus, l’air de rien et tout à fait excusable quand on est en transport en commun. Pour ma part, il n’y a jamais eu les prémices pour un roman policier, mais ici quand une routine anodine devient le départ d’une histoire à suspens, on n’a aucune envie de rester sur le quai. La fille du train m’a tendu les bras, au départ, un bon rythme de croisière, la juste dose de détails qui nous permet de nous relier aux personnages, un style plus que correct pour ce genre de roman. Malheureusement vers le milieu, les grosses ficelles inhérentes au genre sont tirées. On n’y croit un peu moins, et j’avoue que j’avais flairé la fin. Dommage…

En bref : lecture facile, sans doute pour un public plus féminin.

Extrait : 

La tête appuyée contre la vitre du train, je regarde défiler ces maisons, comme un travelling au cinéma. J’ai une une perspective unique sur elles, même leurs habitants ne doivent jamais les voir sous cet angle. Deux fois par jour, je bénéficie d’une fenêtre sur d’autres vies, l’espace d’un instant. Il y a quelque chose de réconfortant à observer des inconnus à l’abri, chez eux.